Roman

Les DOques

Polar baroque

Dans le Territoire, la paix règne : la mafia des Doques contrôle tout grâce à ses puissantes familles. Une étrange découverte va menacer ce pouvoir sans partage, tandis que l’inquiétant Ante Nori veut imposer ses règles…
Dans un contexte de règlements de comptes sanglants et de mensonge permanent, la rebelle Antonella et Bartolo, le tueur placide, vont engager une course contre le temps, et croiser la Nourrice, grande pourvoyeuse de médéques…
Un « pseudo-polar » ironique et décalé, qui nous entraîne dans un univers implacable et inquiétant.
Si proche pourtant du monde réel…

Editions Le Manuscrit – 362 pages – ISBN 2-7481-8836-5 – 20 €

Critique de Jessica Sonnier, “New blog Times “,  janvier 2007

(…) « Qui sont ces fameux Doques ? Leur description correspond exactement à celle d’une bande de mafiosi. Bien sûr impitoyables, bien sûr hiérarchisés à l’extrême. Avec des appellations pas très explicites au début (superdoques, maxidoques, hyperdoques, gigadoques). Mais qui le deviennent… Car très vite on comprend que cette mafia de Doques sans aucune morale n’est que la transposition (à peine ?) édulcorée d’un monde médical omniprésent et omnipotent. Ici les faits sont bruts, le « business » est le seul moteur et la seule motivation, les appétits de pouvoir sont sans limites. C’est un monde binaire, avec des Doques et des non-doques, à qui les premiers, grâce à l’obligation de la bien-nommée Chimelle et Co, fournissent aux seconds les médéques dont ceux-ci ont besoin au quotidien. Et comme il faut aller plus loin, développer d’autres marchés, comme l’être humain n’est plus qu’une marchandise qui se découpe, se vend en petits morceaux et se répare à l’infini, les Doques ont besoin de nouveaux gisements de pièces détachées. Qu’ils iront chercher au Toulobaba, pays mythique et métaphorique de nos pays du Tiers-Monde.

« Tout ceci avec un humour distancié, renforcé – et aidé à la fois – par l’utilisation réussie de ces indications en italique utilisées habituellement dans les textes de théâtre. Les clins d’œil abondent (le Grand Mandatou, Mary Patch et sa couverture sur laquelle on rêve de s’étaler, l’endosouque qui permet de voir à distance…). On voit que l’auteur s’amuse beaucoup, triturant la langue française sans vergogne, installant au fur et à mesure une grande scène délirante, bouffonne parfois, truculente souvent.

« Mais qu’on ne s’y trompe pas : la tonalité générale de l’histoire est très noire, même si cette satire sociale d’un monde verrouillé n’est pas exempte de moments de tendresse, voire d’espoir. Dans ce « pseudo-polar ironique et décalé », les codes du genre sont respectés : d’un côté il y a les bons, de l’autre les méchants. Au milieu, le personnage central de Bartolo, tueur peu à peu touché par la grâce (et par son amour pour l’étonnante et remuante Antonella) essaie désespérément de comprendre ce qui se passe, et de tirer son épingle du jeu. En vain. Ou presque…

« Après un premier roman (« Pentothal ») de structure assez classique, Gilles Martila nous propose avec « Les Doques » un ouvrage étonnant, un peu déroutant au début, où il a visiblement souhaité explorer d’autres pistes d’écriture. Pour le bonheur de ses lecteurs ! »